L’inoffensive rosette hivernale des grassettes

Certaines plantes carnivores ont un feuillage, ou une partie de leur anatomie, qui change de forme au fil des saisons ou à un certain stade de leur croissance. C’est le cas par exemple chez les Nepenthes, dont les urnes basses sont différentes des urnes produites lorsqu’elles commencent à grimper dans les arbres. C’est un cas de dimorphisme (littéralement, « deux formes »).

On en retrouve un autre chez les Pinguicula, qui se manifeste, lui, selon un rythme saisonnier. Les espèces subtropicales (notamment mexicaines) et tempérées sont concernées.

  • Du printemps à l’automne, la plante développe des feuilles pourvues d’organes d’attraction et de capture : de petits poils collants couverts de glu (le mucilage).
  • En hiver, tout ou partie des feuilles carnivore disparaît. Au centre, de petites feuilles souvent dépourvues d’attributs carnivores se développent en grand nombre (parfois plusieurs dizaines), créant une jolie rosette symétrique. Une fois que la rosette a pris forme, elle se fige jusqu’au printemps ! La plante dédie alors son énergie à la production d’une ou plusieurs inflorescences, et dans le même temps, les feuilles de l’année (périphériques) périclitent.

Sur la photo ci-dessus, on voit bien la rosette d’hiver, et le reliquat de feuilles carnivores en marge, bien plus larges. Les limbes sont bel et bien couverts de petits poils, mais ceux-ci font plus office de protection contre les insectes suceurs que de surface carnivore, étant donné l’absence de glu.