Comment la dionée détecte-t-elle ses proies ? Une étude 2025 lève le voile sur son « sixième sens »
Une équipe de chercheurs japonais (université de Saitama) vient de percer un mystère qui intriguait les scientifiques depuis Darwin : comment la dionée attrape-mouche (Dionaea muscipula) parvient-elle à détecter le moindre frôlement d’un insecte, sans cerveau ni système nerveux ? La réponse tient dans un gène, baptisé DmMSL10, véritable capteur tactile à l’échelle cellulaire.
Un mécanisme déjà connu, mais incomplet
On savait depuis longtemps que la dionée se referme après deux stimulations successives de ses poils sensitifs, en moins de 30 secondes. Ce mécanisme protège la plante contre les fausses alertes (une goutte de pluie, un brin d’herbe) tout en lui permettant de capturer ses proies avec une redoutable efficacité. Mais la question restait entière : quel mécanisme moléculaire transforme un simple contact physique en signal électrique ?
DmMSL10, le capteur qui change tout
En observant au microscope des dionées génétiquement modifiées, les chercheurs ont identifié une protéine, DmMSL10, logée dans les cellules à la base des poils sensitifs. Cette protéine agit comme un interrupteur ultra-sensible : dès qu’une pression mécanique, même infime, s’exerce sur le poil, elle déclenche un signal électrique local, qui — si le stimulus est assez fort — se propage à toute la feuille.
Fait marquant : les plants dont ce gène a été désactivé perdaient une partie de leur capacité à détecter les proies. Lors de tests avec des fourmis vivantes, les pièges « aveugles » (sans DmMSL10) réagissaient 18,5 % moins souvent à la présence d’un insecte que les plants normaux.
[ENCART]
À retenir : la dionée ne « sent » pas ses proies comme un animal — elle détecte une pression mécanique via une protéine spécialisée, DmMSL10, qui fonctionne un peu comme les récepteurs tactiles de notre propre peau.
À retenir : la dionée ne « sent » pas ses proies comme un animal — elle détecte une pression mécanique via une protéine spécialisée, DmMSL10, qui fonctionne un peu comme les récepteurs tactiles de notre propre peau.
Pourquoi cette découverte est importante
Au-delà de la curiosité scientifique, cette étude éclaire un peu plus les origines évolutives de la perception du toucher — un sens que l’on croyait réservé au règne animal. Pour les passionnés de plantes carnivores, elle confirme surtout à quel point la dionée est une mécanique de précision, façonnée par des millions d’années d’évolution pour détecter le moindre mouvement dans son environnement.

[PHOTO 2 : schéma simplifié du mécanisme (fait maison, à partir des figures de l’étude — ne pas reproduire les figures originales)]
Envie d’observer ce mécanisme chez vous ?
Si vous cultivez une dionée, vous pouvez observer ce phénomène directement : un léger frôlement du bout du doigt sur un poil sensitif, répété une seconde fois, suffit à déclencher la fermeture. Pour prendre soin de votre plante et la voir se refermer dans les meilleures conditions, consultez notre guide complet d’entretien de la Dionaea muscipula.
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Source : Suda, H. et al. « MSL10 is a high-sensitivity mechanosensor in the tactile sense of the Venus flytrap. » Nature Communications 16, 8280 (2025). DOI: 10.1038/s41467-025-63419-w
Pour la rédaction de cet article, nous avons utilisé 21% d'Intelligence Artificielle.