La plante qui « sent » le toucher : découverte du capteur tactile de la Dionée attrape-mouche
La célèbre Dionaea muscipula, plus connue sous le nom de Dionée attrape-mouche, continue de surprendre les scientifiques. Une nouvelle étude publiée fin septembre 2025 dans Nature Communications révèle enfin le secret de son sens du toucher : un canal mécanique baptisé DmMSL10.
🧬 Un mécanocapteur ultra-sensible
Les chercheurs ont identifié DmMSL10 comme un mécanosenseur de haute sensibilité, logé à la base des poils sensoriels de la Dionée. Ces poils, situés à l’intérieur du piège, détectent le moindre contact avec un insecte.
Lorsqu’un stimulus mécanique — comme le passage d’une patte d’insecte — active ce capteur, il déclenche une cascade de signaux électriques et calciques dans la feuille.

Comment un simple toucher ferme un piège
Les scientifiques décrivent une réponse en deux étapes :
- Réception locale : les cellules « indentées » autour du poil captent la pression et génèrent un petit signal électrique, appelé receptor potential.
- Seuil déclencheur : si le stimulus dépasse une certaine intensité ou vitesse, ce signal devient un potentiel d’action qui se propage dans toute la feuille.
Ce signal électrique s’accompagne d’une vague de calcium qui ordonne au piège de se refermer en une fraction de seconde.
Des expériences à la frontière du végétal et du nerveux
Pour observer ces phénomènes, les chercheurs ont combiné imagerie calcique fluorescente (grâce à un capteur GCaMP6f) et enregistrements électriques ultra-précis.
Chez des plantes où le gène DmMSL10 a été désactivé, la réponse électrique est beaucoup plus faible : les pièges ne réagissent qu’à des stimulations fortes. Résultat : ces Dionées mutantes capturent moins d’insectes.
Un sens du toucher végétal
Cette découverte montre que la Dionée ne se contente pas de “réagir” mécaniquement : elle perçoit et évalue le toucher.
Le canal DmMSL10 agit un peu comme nos récepteurs tactiles : il traduit une déformation physique en signal biologique. Une prouesse pour une plante !
Pourquoi c’est important
Au-delà du monde des plantes carnivores, cette étude éclaire un mystère fondamental : comment les plantes ressentent leur environnement.
Les canaux mécanosensibles comme DmMSL10 existent aussi chez d’autres végétaux, où ils détectent le vent, la pluie ou la pression du sol. Chez la Dionée, l’évolution les a adaptés pour… chasser.
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